À peine les Jeux Méditerranéens de Tarente refermés, la sélection algérienne de boxe a déjà remis les gants. Après quelques jours consacrés à la récupération, les internationaux seniors ont repris le travail avec en ligne de mire les Championnats d’Afrique 2026, programmés du 13 au 31 octobre à Kinshasa, en République démocratique du Congo.Depuis le 21 septembre, les boxeurs algériens sont regroupés au Centre de préparation des équipes nationales de Fouka, où ils poursuivent un stage qui s’étalera jusqu’au 30 septembre. Pour le sélectionneur national Khaled Harima, cette première phase doit permettre aux pugilistes de retrouver progressivement leur rythme après l’intense expérience des Jeux Méditerranéens. « Cette reprise est consacrée à tous les aspects de la préparation d’un boxeur. Jusqu’à présent, je suis satisfait de la progression de chaque pugiliste. Après les Jeux Méditerranéens, il fallait d’abord penser à la récupération, un élément essentiel pour éviter les blessures durables », explique le technicien. La préparation prend une dimension particulière cette année avec deux Championnats d’Afrique programmés pratiquement simultanément. Le premier, organisé à Kinshasa sous l’égide de l’IBA, aura lieu du 13 au 31 octobre. Le second, porté par World Boxing, est prévu à Nairobi, au Kenya, du 15 au 28 octobre. Un chevauchement qui a contraint la Fédération algérienne à réfléchir à une stratégie permettant de prendre part aux deux compétitions. L’idée retenue consiste à répartir les boxeurs en deux groupes, chacun étant appelé à défendre les couleurs nationales dans l’un des deux rendez-vous. Cette option reste toutefois soumise à l’aval du ministère de la Jeunesse et des Sports. Pour Harima, cette double participation répond surtout à un objectif sportif : offrir davantage de combats aux pugilistes. Kinshasa devrait notamment permettre aux boxeurs de bénéficier d’une forte intensité compétitive, tandis que Nairobi offrira la possibilité de récolter de précieux points. Malgré le choix assumé de rajeunir l’effectif, Harima assure que l’expérience ne sera jamais écartée. « Je me base toujours sur la forme du moment. Si un boxeur expérimenté possède encore les qualités nécessaires, je n’ai aucune raison de fermer la porte », rappelle-t-il. Dans cette logique, plusieurs nouveaux profils pourraient rejoindre progressivement les Verts. Jugurtha Aït Bekka, installé en France, a donné son accord pour effectuer son retour en sélection après le Championnat d’Afrique. Le technicien compte également sur Youcef Benmhenni, qui souhaite intégrer le groupe après plusieurs années passées en Europe.Les deux pugilistes devront cependant satisfaire à une condition : participer au Championnat d’Algérie. Leurs performances dans cette compétition détermineront ensuite leur éventuelle sélection. En plus des échéances africaines, la préparation s’inscrit déjà dans une perspective plus ambitieuse : les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Harima sait que les critères de qualification se sont durcis et que seuls les meilleurs résultats permettront de décrocher les précieux billets. « Nous travaillons pour qualifier plusieurs boxeurs. Nous avons encore du temps pour permettre à chaque pugiliste d’atteindre cet objectif », souligne-t-il, avec l’ambition de construire une sélection capable de s’inscrire dans la durée et de préparer deux cycles olympiques. Le sélectionneur n’élude pas non plus la question de l’arbitrage, après certaines décisions contestées lors des Jeux Méditerranéens. Selon lui, l’Algérie doit renforcer sa présence dans les instances arbitrales africaines et mondiales afin de mieux défendre ses intérêts lors des grandes compétitions. En attendant, le travail se poursuit à Fouka. Après Tarente, les boxeurs algériens ont déjà remis les compteurs à zéro : Kinshasa, Nairobi et surtout Los Angeles 2028 sont désormais dans leur ligne de mire.
Mustapha Akkouche