L’Algérie s’apprête à prendre part, pour la 16e fois consécutive, aux Jeux méditerranéens, à l’occasion de la 20e édition prévue à Tarente, en Italie, du 21 août au 3 septembre 2026. Une nouvelle participation qui offre aux sportifs algériens l’occasion de prolonger une histoire riche de 293 médailles, dont 86 en or, conquises depuis leur première apparition à Tunis en 1967.
C’est précisément dans la capitale tunisienne que l’Algérie a fait ses débuts aux Jeux méditerranéens, lors de la 5e édition, après Alexandrie (1951), Barcelone (1955), Beyrouth (1959) et Naples (1963). Pour leur première participation, les athlètes algériens avaient décroché trois médailles de bronze. Le boxeur Kaddour Aliane, dans la catégorie des plus de 81 kg, avait ouvert le palmarès, tandis que l’athlète Rabea Ghezlane s’était distinguée au lancer du poids et au javelot.
L’édition de Tunis-1967 avait également marqué l’entrée des femmes algériennes dans la compétition méditerranéenne, en athlétisme et en natation. Quatre ans plus tard, à Izmir-1971, l’Algérie avait engagé 38 athlètes, dont trois femmes, et obtenu une seule médaille de bronze, œuvre d’Azeddine Azzouzi sur 800 mètres en 1:48.2. Cette participation avait toutefois été marquée par une autre satisfaction avec l’attribution à Alger de l’organisation de la 7e édition des Jeux, devant Split.
Alger-1975, le premier grand tournant
Organisés pour la première fois en Algérie en 1975, les Jeux méditerranéens ont constitué un véritable tournant. Plus de 2.000 athlètes issus de 15 pays avaient participé à 18 disciplines. Pays hôte, l’Algérie avait engagé 258 sportifs, dont 39 femmes, et récolté 20 médailles : quatre en or, sept en argent et neuf en bronze. Ces quatre titres historiques, les premiers de l’Algérie aux Jeux méditerranéens, avaient été remportés par les boxeurs Nini Hocine et Mohamed Missouri, le coureur Boualem Rahoui sur 3.000 m steeple, ainsi que par la sélection algérienne de football, victorieuse en finale face à la France (3-2 après prolongation). La suite du parcours algérien a été marquée par des résultats irréguliers, mais également par plusieurs performances remarquables. À Split en 1979, l’Algérie avait remporté 16 médailles, dont une en or, cinq en argent et dix en bronze, terminant à la 8e place. À Casablanca, en 1983, elle avait obtenu 14 médailles, dont quatre en or, et terminé 9e sur 16 nations. À Lattaquié, en 1987, la délégation algérienne avait récolté 12 médailles, dont cinq en or, trois en argent et quatre en bronze. Un redressement spectaculaire était ensuite intervenu à Athènes en 1991, avec 17 médailles, dont neuf en or, avant une nouvelle progression à Languedoc-Roussillon en 1993, avec 22 médailles. La dynamique s’était confirmée à Bari en 1997, où l’Algérie avait décroché 22 médailles, dont six en or, huit en argent et huit en bronze, pour une 7e place au classement général.
Tunis-2001, premier sommet
C’est toutefois à Tunis, en 2001, que l’Algérie avait réalisé sa meilleure récolte avant les Jeux d’Oran. La délégation algérienne avait remporté 32 médailles, dont dix en or, dix en argent et douze en bronze, terminant à la 8e place parmi 23 nations participantes. Après cette performance, les résultats ont connu des fluctuations. À Almeria en 2005, l’Algérie avait obtenu 25 médailles (9 or, 5 argent, 11 bronze), avant de retomber à 17 médailles à Pescara en 2009. L’édition de Mersin en 2013 avait permis une nouvelle progression, avec 26 médailles, dont neuf en or. À Tarragone, en 2018, après le report de l’édition initialement prévue en 2017, l’Algérie avait récolté 13 médailles, dont deux en or, quatre en argent et sept en bronze, terminant à la 13e place sur 26 nations.
Oran-2022, l’exploit historique
Mais c’est à domicile, lors des Jeux méditerranéens d’Oran en 2022, que l’Algérie a écrit la plus belle page de son histoire dans cette compétition. Forte de 329 sportifs engagés dans 23 disciplines, dont 193 hommes, la délégation algérienne a réalisé une performance sans précédent depuis sa première participation en 1967. Les athlètes algériens avaient décroché un total de 53 médailles, dont 20 en or, 17 en argent et 16 en bronze, permettant à l’Algérie de terminer à la 4e place du classement général, sur 26 pays participants. Ce bilan constitue à la fois le record algérien en nombre de médailles et la meilleure performance obtenue au classement général. Au fil des éditions, certaines disciplines se sont particulièrement illustrées dans la conquête des titres. L’athlétisme arrive en tête avec 33 médailles d’or, devant la boxe (22), le judo et la natation (sept chacun), le karaté (six) et l’haltérophilie (cinq). La gymnastique, l’escrime, le badminton, la lutte gréco-romaine, le handball et le football ont également contribué au palmarès doré de l’Algérie. À Tarente, les représentants algériens auront donc pour ambition de confirmer la dynamique amorcée à Oran et de poursuivre une histoire vieille de près de six décennies. Pour cette 16e participation consécutive, l’objectif sera de transformer la régularité de la présence algérienne en nouvelles performances et, pourquoi pas, d’inscrire de nouveaux noms au palmarès des Jeux méditerranéens.
Des figures de proue très attendues
Plusieurs champions algériens seront particulièrement suivis durant ces Jeux. La championne olympique de gymnastique Kaylia Nemour, le spécialiste du 800 m Djamel Sedjati, le triple sauteur Mohamed Yasser Triki, le nageur Jaouad Syoud et le judoka Messaoud Dris figurent parmi les principaux atouts de la délégation. L’athlétisme comptera 17 représentants, dont deux dames, tout comme le tir sportif, qui alignera également 17 athlètes, dont six femmes. Les luttes associées seront représentées par 14 sportifs, tandis que la boxe comptera 12 pugilistes, dont six dames.
Le judo et la gymnastique seront présents avec 12 athlètes chacun. L’escrime alignera 11 représentants, devant le karaté avec dix athlètes. L’aviron, le badminton, le cyclisme et la pétanque compteront chacun huit représentants, alors que le canoë-kayak sera représenté par sept sportifs. L’Algérie prendra également part aux compétitions de tennis de table, natation, raffa, taekwondo, haltérophilie et roller/skateboard. Dans les sports collectifs, quatre disciplines seront engagées. Les sélections masculine et féminine de handball compteront 28 athlètes, tandis que le volley-ball alignera 24 joueurs et joueuses.
Le basket 3×3 sera représenté par les sélections nationales, avec 17 athlètes, alors que l’équipe masculine U21 de football sera composée de 18 joueurs. La délégation algérienne sera conduite par Zoubida Bouyacoub. L’escrimeuse Zahra Kahli et le volleyeur Mohamed Walid Abi Ayad auront, quant à eux, l’honneur de porter le drapeau national lors de la cérémonie d’ouverture, prévue le 21 août.
Refaire le coup à Tarente
Pour sa 16e participation consécutive aux Jeux méditerranéens, l’Algérie s’appuie sur un palmarès de 293 médailles, dont 86 en or, 76 en argent et 131 en bronze, depuis sa première apparition à Tunis en 1967. Le sommet de ce parcours reste incontestablement l’édition d’Oran-2022. Devant son public, l’Algérie avait réalisé la meilleure performance de son histoire dans cette compétition avec 53 médailles, dont 20 en or, 17 en argent et 16 en bronze. Cette récolte avait permis aux représentants algériens de terminer à la 4e place du classement général, un record historique. C’est sur cette performance que la délégation entend désormais capitaliser à Tarente. Si l’objectif affiché reste de décrocher un maximum de médailles, les Jeux italiens devront également permettre aux jeunes talents de franchir un nouveau palier et aux champions confirmés de consolider leur statut sur la scène méditerranéenne. Sur le plan logistique, les athlètes algériens seront hébergés à bord de deux navires stationnés dans une base militaire à Tarente. Leur déplacement sera assuré par un pont aérien comprenant six vols charters aller-retour, avec les premiers départs programmés les 19 et 20 août, puis le 26 août. À Tarente, l’Algérie entend ainsi prolonger l’élan d’Oran, confirmer son statut de nation sportive majeure de l’espace méditerranéen et ouvrir une nouvelle page de son histoire dans ces Jeux.
Israâ Ben.