À moins de deux mois des Championnats d’Afrique de karaté-do, prévus du 7 au 11 septembre à Alger, la Fédération algérienne de karaté (FAK) affiche clairement ses ambitions. Sous l’impulsion de son nouveau directeur technique national, Samir Slimani, la discipline veut renouer avec les sommets continentaux et mettre fin à l’hégémonie égyptienne qui domine le karaté africain depuis plusieurs années.
Nommé à la tête de la Direction technique nationale aux côtés de son adjoint Tarek Admane, Slimani entend insuffler une nouvelle dynamique à la discipline grâce à un projet fondé sur la stabilité, la rigueur et l’excellence. Après plusieurs mois consacrés à la restructuration technique, à l’organisation du championnat national et à la mise en place d’un programme de préparation, l’heure est désormais à la conquête des titres africains. Une préparation tournée vers la conquête du titre continental
Le DTN ne cache pas les ambitions de l’Algérie pour cette compétition organisée à domicile. « En tant que pays organisateur, nous travaillons pour que nos équipes nationales décrochent le sacre africain. Nos consignes seront claires : bousculer la hiérarchie et remonter sur le toit de l’Afrique. » Même s’il reconnaît que la préparation a connu un léger retard en raison de la situation que traversait auparavant la fédération, Samir Slimani se montre confiant. « La sélection senior est prête à près de 90 %.
“L’excellence comme seule règle de sélection”
Nous arriverons en septembre avec des athlètes capables de rivaliser pour les médailles, aussi bien en individuel que dans les épreuves par équipes. » Le responsable technique insiste également sur l’importance de la compétition dans la progression des karatékas. « L’entraînement ne suffit pas. Un athlète ne peut progresser sans accumuler un volume important de combats durant l’année. C’est un aspect que nous avons intégré dans notre programme. » L’une des priorités de la nouvelle Direction technique nationale est de mettre fin aux polémiques autour des sélections.
Pour cela, une réglementation claire a été instaurée afin que les choix reposent uniquement sur des critères sportifs. « Nous avons établi des critères précis de sélection. Ceux qui souhaitent des explications seront toujours les bienvenus à la Direction technique nationale. Toutes nos décisions sont réglementées et validées par le Bureau fédéral. » Slimani se montre inflexible sur ce point. « Je ne fais pas de social. Quand il s’agit de représenter l’Algérie, seul le niveau compte. Nous devons sélectionner les athlètes capables de nous offrir des médailles. L’excellence est notre cheval de bataille. » En parallèle, les différentes étapes du championnat national servent également de laboratoire pour détecter les jeunes talents susceptibles d’intégrer les sélections nationales. Le DTN souligne d’ailleurs la forte participation enregistrée lors de la dernière étape organisée à Alger, avec 709 athlètes représentant 208 clubs issus de 31 ligues, preuve, selon lui, de la vitalité retrouvée du karaté algérien.
Une nouvelle dynamique pour construire l’avenir
En plus des résultats immédiats, Samir Slimani souhaite instaurer une véritable culture de travail au sein de la fédération. « Depuis notre arrivée, nous avons privilégié la stabilité et la continuité. Nous organisons des réunions hebdomadaires avec les entraîneurs et les différentes directions techniques afin d’assurer un suivi permanent des athlètes. »
Pour lui, le redressement du karaté algérien passe avant tout par un travail collectif. « Une Direction technique se construit avec toute la famille du karaté. Le train est en marche. Il y a de la place pour tous ceux qui veulent contribuer au développement de notre discipline. Les critiques constructives sont toujours les bienvenues. » À quelques semaines des Championnats d’Afrique d’Alger, l’optimisme est donc de mise. Forte d’une nouvelle organisation, d’un projet technique clairement défini et d’une génération ambitieuse, l’équipe nationale espère profiter de l’avantage du terrain pour reconquérir le titre continental et ouvrir une nouvelle ère pour le karaté algérien.
Mustapha Akkouche