À peine installé à la tête de l’équipe nationale, Ibrahim Hamdani se retrouve déjà confronté à une équation particulièrement délicate. Le sélectionneur « intérimaire » doit à la fois insuffler un nouvel élan aux Verts et obtenir rapidement des résultats dans les prochaines échéances. Entre la nécessité de préparer l’avenir et l’obligation de sécuriser au plus vite la qualification à la prochaine Coupe d’Afrique des nations, le nouveau staff, composé également d’Antar Yahia, devra trouver le juste équilibre.La mission de Hamdani s’annonce d’autant plus complexe que la sélection sort d’une période marquée par les interrogations. Le technicien algérien devra confirmer les bonnes dispositions affichées avec la sélection lors des Jeux méditerranéens et démontrer que cette expérience peut être transposée au niveau international. Les prochaines rencontres des éliminatoires de la CAN constitueront ainsi un premier véritable test pour le nouveau staff. Pour commencer, plusieurs cadres devraient conserver leur place dans le groupe. Selon les dernières tendances, des éléments comme Ramy Bensebaini, Nabil Bentaleb et Amine Gouiri pourraient être reconduits, alors que Baghdad Bounedjah pourrait également être appelé afin d’apporter son expérience au secteur offensif. Une approche qui traduit la volonté du staff de ne pas bouleverser brutalement l’équilibre du groupe. Le renouvellement apparaît toutefois incontournable au regard des absences et de la situation sportive de plusieurs joueurs.
Des cadres à préserver et une nouvelle génération qui pousse
Cinq éléments ayant participé au dernier Mondial ne devraient notamment pas être disponibles pour la prochaine échéance. Riyad Mahrez et Aïssa Mandi ont pris leur retraite internationale, tandis que Rafik Belghali et Luca Zidane sont suspendus. Yassine Titraoui, pour sa part, est indisponible sur blessure. À ces absences s’ajoute la situation incertaine de plusieurs joueurs dont le début de saison est loin d’être idéal. Amine Amoura vient seulement de retrouver le rythme de la compétition, alors que Nadir Benbouali dispose d’un temps de jeu limité avec le club égyptien de Pyramids. La situation de Rayan Aït-Nouri et Jaouen Hadjam interpelle également, les deux joueurs étant actuellement cantonnés à un rôle de remplaçant avec Manchester City et Brighton. En Italie, certains éléments comme Gadjémis doivent eux aussi gagner davantage de temps de jeu pour prétendre à une place régulière. Dans le même temps, une nouvelle vague de jeunes joueurs frappe à la porte de la sélection. Plusieurs d’entre eux réalisent un début de saison particulièrement remarqué avec leurs clubs et offrent au staff de nouvelles solutions. Bachir Belloumi s’est notamment distingué sous le maillot de Hull City, tandis qu’Amin Chiakha continue d’empiler les buts avec Rosenborg en Norvège. Adil Aouchiche, lui aussi, s’illustre avec Schalke et apparaît comme une option à suivre. D’autres profils reviennent également sur le devant de la scène. Himad Abdelli retrouve progressivement une place importante avec l’Olympique de Marseille, alors qu’Ilan Kebbal continue de faire parler de lui avec le Paris FC. De son côté, Badredine Bouanani espère profiter de son transfert aux Glasgow Rangers après son passage à Stuttgart pour retrouver du temps de jeu et, à terme, une place chez les Verts. Le défenseur Ouznagi, ainsi que plusieurs jeunes performants dans le championnat français, notamment Boudache, figurent également parmi les profils susceptibles d’intéresser le staff.
Construire sans sacrifier les résultats
La volonté de rajeunir l’effectif répond à une logique claire : préparer progressivement l’après-Mahrez et tourner la page d’une génération qui n’a pas répondu aux attentes lors du dernier Mondial. L’objectif consiste désormais à faire émerger une équipe plus compétitive, capable de s’inscrire dans la durée et de retrouver une dynamique positive. Dans cette perspective, Hamdani pourrait aussi regarder du côté de jeunes joueurs évoluant en Europe, à l’image de Bourbaa, mais également vers certains éléments passés par les sélections nationales de jeunes et qui ont depuis franchi un cap dans leurs clubs européens. Leur intégration permettrait d’élargir progressivement le réservoir de l’équipe nationale sans bouleverser immédiatement la hiérarchie. Pour autant, le prochain rassemblement ne devrait pas donner lieu à une révolution. Le staff Hamdani-Antar Yahia envisagerait plutôt une transition progressive, avec trois nouveaux joueurs au maximum et le retour de quatre à cinq éléments déjà connus de la sélection. Le défi est donc clairement posé : rajeunir sans déstabiliser, donner leur chance aux joueurs en forme sans écarter trop vite les cadres et, surtout, gagner. Car les éliminatoires de la CAN n’offrent guère de temps pour expérimenter. Pour Ibrahim Hamdani, chaque choix devra ainsi répondre à une double exigence : préparer le futur des Verts tout en assurant immédiatement les résultats nécessaires à la qualification.
Rayane Mahdi