La JS Saoura ne verra pas le deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions africaine. Après avoir remporté la première manche à Oran sur le score de 1-0, la formation bécharoise a finalement cédé à Conakry face au Horoya AC (3-1). Longtemps en position de se qualifier, les Jaune et Vert ont vu leur avantage disparaître dans les dernières minutes, au terme d’une rencontre qui laissera énormément de regrets.Le scénario du retour avait pourtant rapidement placé les Guinéens dans la situation idéale. Soutenu par un public venu en nombre, le Horoya AC a imposé une forte pression dès les premières minutes afin de refaire son retard. Cette domination a fini par être récompensée à la 17e minute, lorsque Yacouba Gnagna Barry s’est chargé de transformer un penalty. Avec cette ouverture du score, les deux équipes se retrouvaient à égalité sur l’ensemble des deux rencontres. Confrontée à cette première difficulté, la JS Saoura n’a cependant pas paniqué. Les représentants algériens ont progressivement retrouvé leurs repères et sont parvenus à contenir les assauts de leurs adversaires jusqu’à la pause. Malgré l’ambiance particulièrement chaude qui régnait dans le stade, les Bécharois ont conservé leurs chances intactes et pouvaient encore croire à une qualification au coup de sifflet final. Au retour des vestiaires, la physionomie de la rencontre a même tourné en faveur de la formation algérienne. À la 57e minute, Lyès Faïçal Haddouche a trouvé le chemin des filets pour remettre les deux équipes à égalité (1-1). Ce but avait une valeur considérable puisque, grâce à son succès obtenu à l’aller, la JS Saoura reprenait virtuellement l’avantage dans cette double confrontation. À cet instant précis, la qualification était donc entre les mains des Algériens. Un avantage que les joueurs de la Saoura auraient pu conforter en faisant preuve de davantage de réalisme dans les derniers mètres. Plusieurs situations favorables se sont présentées, notamment aux 60e, 64e et 88e minutes, mais aucune n’a été transformée. Des occasions qui, rétrospectivement, prennent une importance considérable dans le dénouement de cette confrontation. Alors que la JSS semblait se rapprocher du tour suivant, le Horoya AC a continué à pousser. Les locaux ont refusé de renoncer et ont profité du moindre espace pour maintenir la pression sur la défense algérienne. Leur persévérance a finalement été récompensée à la 90e minute. À la suite d’un mauvais dégagement de l’arrière-garde bécharoise, une reprise de volée guinéenne a été déviée par un défenseur avant de prendre à contre-pied le gardien Salhi. Ce deuxième but a complètement relancé les espoirs du club de Conakry et placé la JS Saoura au bord de l’élimination. Il restait alors quelques minutes aux Algériens pour tenter de préserver leur qualification, mais le Horoya, galvanisé par son public, a continué d’attaquer. La pression guinéenne est devenue de plus en plus forte au fil des secondes. Le coup de grâce est finalement intervenu à la 90e+4 minute. Profitant de la fébrilité de son adversaire, le Horoya AC a inscrit un troisième but qui a définitivement inversé le résultat de la double confrontation. Menés 1-0 à l’aller puis capables de renverser la situation à domicile, les Guinéens décrochent ainsi leur billet pour le deuxième tour préliminaire de la compétition. Pour la JS Saoura, cette sortie prématurée est particulièrement difficile à digérer. La formation bécharoise avait pourtant pris une sérieuse option en s’imposant lors de la première manche et avait encore la qualification en main après l’égalisation de Haddouche. Mais l’absence de réalisme dans les moments importants et les erreurs commises dans les ultimes instants auront finalement été fatales. Cette élimination rappelle une nouvelle fois la cruauté des confrontations africaines, où une qualification peut basculer en quelques minutes. La JSS quitte ainsi la Ligue des champions avec le sentiment d’avoir laissé filer une opportunité largement à sa portée. Le Horoya AC, lui, poursuit son aventure continentale après un renversement spectaculaire obtenu au bout du suspense.
Mounir Benkaci