La délégation algérienne a achevé sa participation aux Jeux méditerranéens de Tarente-2026 avec un bilan particulièrement encourageant.
Avec 40 médailles, dont 13 en or, 8 en argent et 19 en bronze, l’Algérie s’est classée à la 9e place au classement général, confirmant une nouvelle fois sa capacité à rivaliser avec les meilleures nations du bassin méditerranéen. Au-delà du classement, cette moisson permet surtout à la délégation nationale de réaliser la deuxième meilleure performance de son histoire aux Jeux méditerranéens. La référence demeure l’édition d’Oran en 2022, organisée à domicile, au cours de laquelle l’Algérie avait réalisé une véritable razzia avec 20 médailles d’or, 16 d’argent et 17 de bronze, soit 53 podiums. Quatre ans plus tard, dans un contexte différent et loin de ses bases, la délégation algérienne a donc réussi à maintenir un niveau de performance élevé, avec des résultats obtenus dans une grande diversité de disciplines. Cette régularité constitue l’un des principaux enseignements de Tarente. Si certaines disciplines phares ont confirmé leur statut, plusieurs autres ont également permis à l’Algérie d’enrichir son tableau des médailles. Des performances individuelles remarquables se sont ainsi mêlées à des réussites collectives, offrant à la participation algérienne un bilan globalement positif.
Kaylia Nemour, la grande star des JM !
Difficile d’évoquer la participation algérienne sans commencer par Kaylia Nemour, incontestablement l’une des grandes stars de ces Jeux de Tarente. La gymnaste algérienne a livré une prestation exceptionnelle en décrochant quatre médailles, dont trois en or et une en bronze, devenant ainsi l’une des athlètes algériennes les plus titrées de cette édition.
Nemour s’est imposée au concours général, ainsi qu’aux barres asymétriques, sa spécialité, et à la poutre. Aux barres, elle a notamment obtenu une remarquable note de 15,500 points, confirmant encore une fois son immense potentiel et sa régularité au plus haut niveau. La médaille de bronze obtenue avec l’équipe nationale féminine vient compléter son remarquable bilan. À elle seule, Kaylia Nemour a donc apporté une contribution majeure à la moisson algérienne. Ses performances à Tarente viennent également renforcer son statut de référence de la gymnastique algérienne et témoignent du niveau atteint par la championne sur la scène internationale.
L’athlétisme, neuf médailles pour une belle moisson
L’athlétisme a lui aussi joué un rôle déterminant dans le bilan algérien avec neuf médailles, dont trois en or, deux en argent et quatre en bronze. Une moisson qui confirme la richesse du réservoir national dans les différentes spécialités de la discipline. Le principal succès est venu de Djamel Sedjati, sacré champion méditerranéen du 800 mètres. L’Algérien a remporté la finale en 1 min 46 sec 61, au terme d’une course parfaitement maîtrisée. Il a ainsi offert un nouveau titre à la délégation algérienne dans une discipline où l’Algérie possède une longue tradition de performances. Yasser Triki s’est également hissé sur la plus haute marche du podium en remportant le triple saut, tandis que Saïd Amari a décroché l’or sur 10 000 mètres. Deux autres médailles d’argent ont été obtenues par Mohamed Seif Boukertaba au semi-marathon et Anis Chouat sur 1 500 mètres.
Les médailles de bronze sont venues de Zahra Tatar au lancer du marteau, Omar Saraïche sur 3 000 mètres steeple et Tarek Hocine au saut en longueur. L’athlétisme s’impose ainsi comme l’un des principaux piliers de la délégation algérienne à Tarente.
L’haltérophilie confirme son potentiel
L’haltérophilie a également contribué de manière significative à la réussite algérienne avec trois médailles, dont deux en or et une en bronze. Une performance qui illustre le potentiel des représentants algériens dans les catégories de poids lourds. Farès Touiri a ouvert la voie en remportant la médaille d’or à l’arraché dans la catégorie des 95 kg. Il a également décroché le bronze à l’épaulé-jeté dans la même catégorie, réalisant ainsi un double podium particulièrement appréciable. De son côté, Aymen Touiri a ajouté une nouvelle médaille d’or au compteur algérien en s’imposant à l’épaulé-jeté chez les 110 kg. Ces résultats permettent à l’haltérophilie de confirmer sa place parmi les disciplines capables de fournir régulièrement des médailles à l’Algérie lors des grands rendez-vous internationaux.
Le football retrouve l’or méditerranéen après plus de 50 ans
Le sacre de la sélection algérienne de football restera également comme l’un des grands moments de cette édition. Les Verts ont remporté la médaille d’or après leur victoire en finale face à la Tunisie, sur le score de 2 à 0, mettant ainsi fin à une très longue attente. Le héros de cette finale se nomme Kouhili. L’attaquant algérien a signé un doublé, ouvrant le score dès la 1re minute, avant de récidiver à la 81e minute pour définitivement assurer le sacre des siens. Une victoire nette qui a permis à la sélection nationale de monter sur la plus haute marche du podium. Ce titre possède une dimension historique puisqu’il permet au football algérien de retrouver l’or aux Jeux méditerranéens plus de cinquante ans après son précédent sacre. Une récompense importante pour une sélection qui a su répondre présente dans les moments décisifs et offrir à la délégation l’un de ses titres les plus symboliques. Derrière ces principaux pourvoyeurs de médailles, plusieurs autres disciplines ont largement contribué au bilan final. La lutte a ainsi décroché sept médailles, avec le titre d’Abdelkarim Fergat, l’argent de Fayçal Ben Ferredj et cinq médailles de bronze.
La lutte, la boxe et le karaté complètent la moisson
Une nouvelle preuve de la solidité de la lutte algérienne sur la scène méditerranéenne. La boxe a également été au rendez-vous avec cinq podiums, dont trois médailles d’argent et deux en bronze. Le karaté a rapporté trois médailles, avec le titre de Cylia Ouikène chez les -50 kg et les bronzes de Hocine Daïkhi chez les +84 kg et Faleh Midoun chez les -84 kg. Le judo a, pour sa part, offert une nouvelle médaille d’or grâce à Driss Messaoud, vainqueur chez les -73 kg. Le tennis de table a également permis à l’Algérie de décrocher un titre grâce à Mehdi Bouloussa, sacré en individuel. Plusieurs autres disciplines ont ensuite complété la récolte : le badminton, avec deux médailles dont une en argent, l’aviron avec l’argent de Nihal Ben Châdli, le basket 3×3 avec une médaille de bronze, ainsi que le handball, dont la sélection masculine a obtenu le bronze. La pétanque et le taekwondo ont également apporté chacun une médaille de bronze. Au final, Tarente-2026 restera donc comme une édition particulièrement positive pour le sport algérien. Avec 13 médailles d’or, 8 d’argent et 19 de bronze, soit 40 podiums, l’Algérie termine à la 9e place et signe surtout la deuxième meilleure participation de son histoire aux Jeux méditerranéens, derrière le bilan exceptionnel réalisé à Oran en 2022. Entre les exploits de Kaylia Nemour, les titres de l’athlétisme et de l’haltérophilie, le retour du football algérien au sommet méditerranéen et les nombreuses performances enregistrées dans les autres disciplines, la délégation nationale a démontré la diversité de son potentiel. Si le record d’Oran reste encore loin, Tarente constitue néanmoins une nouvelle référence et un signal encourageant pour le développement et la compétitivité du sport algérien de haut niveau.
Mounir Benkaci