La course à la succession de Vladimir Petkovic se précise. La Fédération algérienne de football (FAF) poursuit ses consultations afin de désigner le futur sélectionneur des Verts et une première short-list de trois techniciens se dégage désormais.
À l’issue de la réunion du collège technique tenue jeudi au Centre technique national de Sidi Moussa, les noms des Espagnols Félix Sánchez et Rafael Benítez, ainsi que celui du Belge Tom Saintfiet, ont été retenus pour poursuivre l’examen du dossier. Aucune décision définitive n’a encore été prise, mais les discussions semblent désormais se concentrer autour de ces trois profils. La FAF entend notamment prendre en compte l’expérience internationale des candidats, leur capacité à gérer un groupe ambitieux, leurs résultats précédents et surtout leur aptitude à évoluer dans le contexte particulier du football africain. Parmi les trois candidats, Félix Sánchez semble actuellement tenir la corde. Le technicien espagnol présente un profil qui correspond à plusieurs critères recherchés par les responsables fédéraux : expérience internationale, travail de formation, capacité à construire une identité de jeu et connaissance du football asiatique et arabe.
Sánchez, le profil qui séduit la FAF
Ancien formateur au FC Barcelone, où il a travaillé entre 1996 et 2006, Sánchez a ensuite rejoint l’Aspire Academy au Qatar. Il a progressivement gravi les échelons avant de prendre en charge les différentes sélections qataries, puis l’équipe nationale A. Son principal fait d’armes reste le titre remporté avec le Qatar lors de la Coupe d’Asie 2019, le premier de l’histoire du pays. Il a également dirigé la sélection qatarie lors du Mondial 2022, avant de poursuivre son parcours avec l’Équateur puis Al-Sadd. Son profil pourrait notamment répondre à la volonté de la FAF de lancer un nouveau cycle et de donner davantage de place à la progression des jeunes joueurs. La question linguistique, évoquée récemment autour de sa candidature, ne serait pas considérée comme rédhibitoire. Sánchez s’exprime en espagnol et en anglais et comprend le français, même s’il ne le pratique pas couramment. Face à Sánchez, Rafael Benítez dispose évidemment d’une carte de visite impressionnante. L’ancien entraîneur de Liverpool, Chelsea, Naples, Valence et du Real Madrid possède une expérience considérable du très haut niveau et une solide réputation dans la gestion des grands effectifs.
Benítez freiné par son salaire, Saintfiet toujours en course
Toutefois, son arrivée se heurte à un obstacle de taille : ses exigences financières. Le salaire demandé par le technicien espagnol serait nettement supérieur à l’enveloppe que la FAF souhaite consacrer au futur sélectionneur. Une contrainte qui réduit sensiblement ses chances, malgré un CV particulièrement prestigieux. Le Belge Tom Saintfiet reste pour sa part une alternative crédible. Sa longue expérience sur le continent africain, notamment avec plusieurs sélections nationales, constitue un sérieux argument. Son passage avec la Gambie, qu’il avait notamment conduite à la CAN, a renforcé sa réputation d’entraîneur capable d’obtenir des résultats avec des moyens limités. Pour l’heure, Félix Sánchez semble toutefois bénéficier d’un léger avantage. La volonté affichée de la FAF de privilégier l’école espagnole, associée à la recherche d’un entraîneur capable d’imposer une identité collective et un projet durable, pourrait jouer en sa faveur. Les prochains jours devraient être décisifs. La FAF devra désormais arbitrer entre ambition sportive, expérience internationale et contraintes budgétaires afin de désigner celui qui aura la responsabilité d’ouvrir une nouvelle ère à la tête des Verts.
Mounir Benkaci