Le dossier du départ de Vladimir Petković de la tête de la sélection nationale continue de livrer ses secrets. Lors de la réunion du Bureau fédéral tenue en début de semaine, le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Walid Sadi, est revenu en détail sur les circonstances qui ont conduit à la séparation avec le technicien suisse, tout en levant le voile sur le profil du futur sélectionneur des Verts. Selon une source proche du dossier, le patron de la FAF a expliqué aux membres du Bureau fédéral que la première intention de l’instance n’était pas de mettre fin au contrat de Petković. L’idée initiale consistait plutôt à maintenir le technicien suisse à son poste tout en procédant à une profonde réorganisation de son staff technique, notamment en remplaçant certains de ses adjoints, afin d’insuffler une nouvelle dynamique après le parcours jugé décevant de l’Algérie lors de la dernière Coupe du monde. D’après les explications fournies par Walid Sadi, les discussions entre la FAF et Vladimir Petković ont été longues et parfois tendues. Les deux parties ont finalement privilégié une solution à l’amiable afin d’éviter un bras de fer juridique qui aurait pu coûter très cher à la Fédération.
Une séparation négociée pour éviter un lourd contentieux
Le contrat renouvelé de Petkovic, entré en vigueur le 1er août, le liait à la FAF jusqu’en 2028. Une rupture unilatérale aurait contraint l’instance fédérale à verser des indemnités correspondant à plusieurs années de salaire. Pour éviter ce scénario, les négociations ont abouti à un compromis. L’ancien sélectionneur a accepté de quitter ses fonctions contre une indemnité équivalente à trois mois de salaire, soit 480 000 euros, son nouveau traitement mensuel ayant été fixé à 160 000 euros. À cette indemnité s’ajouteront plusieurs primes restant à percevoir, notamment celle liée à la qualification de l’Algérie pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde, estimée à 150 000 euros. La FAF prendra également en charge trois mois de salaire des membres du staff technique de Petkovic.
Les adjoints David Morandi et Paolo Rongoni, ainsi que l’entraîneur des gardiens Guido Nanni, toucheront chacun l’équivalent de trois mois de rémunération, conformément aux accords conclus entre les deux parties. Walid Sadi a également regretté les attaques dont Vladimir Petkovic et plusieurs membres de sa famille ont été victimes sur les réseaux sociaux après l’élimination de l’Algérie face à la Suisse en huitièmes de finale de la Coupe du monde.
Selon le président de la FAF, les insultes et les messages de haine reçus par le technicien suisse ont largement contribué à son souhait de mettre un terme à son aventure algérienne dans un climat apaisé. Le président fédéral a par ailleurs précisé que la décision de mettre fin à la collaboration avec Petkovic n’avait pas été prise de manière isolée. Selon lui, cette orientation a reçu le feu vert des plus hautes autorités du pays après qu’il est apparu que la poursuite de cette collaboration n’était plus envisageable.
La FAF mise sur la filière espagnole
En plus du dossier Petkovic, la réunion du Bureau fédéral a permis d’évoquer l’identité de son successeur. Sur ce point, Walid Sadi a confirmé que la FAF privilégiait clairement un entraîneur issu de l’école espagnole.
Ce choix repose sur la réputation du football espagnol en matière de formation des entraîneurs, mais aussi sur les résultats obtenus ces dernières années aussi bien en clubs qu’en sélection nationale. Le président de la FAF a révélé avoir échangé avec plusieurs techniciens espagnols. Un seul nom a toutefois été évoqué devant les membres du Bureau fédéral : celui de Xavi Hernández, ancien entraîneur du FC Barcelone. Les discussions n’ont cependant pas abouti, les exigences financières de l’ancien milieu de terrain ayant été jugées largement supérieures aux capacités budgétaires de la Fédération.
Walid Sadi a assuré que les négociations étaient désormais très avancées avec un autre technicien espagnol, sans dévoiler son identité. Il a néanmoins insisté sur un point : le futur sélectionneur percevra un salaire inférieur à celui de Vladimir Petkovic, conformément à la nouvelle politique de maîtrise des dépenses adoptée par la FAF.
Selon plusieurs indiscrétions, Rafael Benítez figurerait aujourd’hui en tête de la liste des candidats grâce à son immense expérience acquise sur les bancs de Liverpool, Valence, Naples ou encore le Real Madrid. En cas d’échec des discussions, Félix Sánchez, ancien sélectionneur du Qatar, constituerait l’alternative privilégiée. En attendant l’annonce officielle, le dossier sera examiné par le Collège technique national lors de sa réunion prévue jeudi.
Une étape qui s’apparente davantage à une validation institutionnelle qu’à une véritable prise de décision, le choix final semblant déjà arrêté au sein de la Fédération. Sauf retournement de situation, la FAF devrait officialiser dans les prochains jours l’identité du nouveau patron des Verts, ouvrant ainsi un nouveau cycle avec l’ambition de relancer la sélection nationale après la fin de l’ère Vladimir Petkovic.
Mounir Benkaci