Le président de la FIFA, Gianni Infantino, vient d’essuyer un sérieux revers. Face à une opposition grandissante des principales confédérations du football mondial, l’instance internationale a finalement renoncé à son projet de création d’une société commerciale destinée à accueillir des investisseurs privés. Une décision qui marque un net recul pour le patron de la FIFA, contraint d’abandonner l’un des dossiers les plus ambitieux de son mandat.
Dans un communiqué publié par la Fédération internationale, la FIFA a reconnu que cette proposition, loin de faire consensus, avait créé de profondes divisions au sein de la famille du football. L’organisation a expliqué avoir pris en considération les nombreuses réserves exprimées par ses membres, estimant que le maintien de ce projet risquait de fragiliser l’unité de l’institution. « Après avoir entendu l’ensemble des points de vue, il apparaît clairement que cette initiative suscite des clivages incompatibles avec notre volonté de rassembler les acteurs du football.
En conséquence, cette proposition ne sera pas poursuivie », a indiqué la FIFA. Ce retrait constitue un véritable coup d’arrêt pour Gianni Infantino, qui souhaitait lancer FIFA Forward Enterprise (FFE), une nouvelle entité commerciale valorisée à près de 20 milliards de dollars.
L’objectif était d’attirer des investisseurs privés afin d’accroître les ressources financières de la FIFA et de redistribuer davantage de fonds à ses 211 associations membres. Le projet prévoyait notamment l’ouverture du capital de cette société à plusieurs investisseurs internationaux, avec l’ambition de générer plus de 4 milliards de dollars. Infantino avait même promis une enveloppe d’environ 40 millions de dollars à chaque fédération nationale pour le cycle 2027-2031, espérant ainsi obtenir un soutien massif lors du vote prévu en assemblée générale. Mais la stratégie du dirigeant italo-suisse s’est rapidement heurtée à une vive contestation.
D’abord critique, l’UEFA s’est opposée avec fermeté à cette réforme, allant jusqu’à évoquer un boycott des prochaines compétitions organisées par la FIFA, notamment la Coupe du monde féminine 2027 et le Mondial masculin 2030, dont une partie se disputera en Espagne et au Portugal. L’opposition ne s’est toutefois pas limitée au football européen. La CONCACAF a rejoint le camp des contestataires, avant que la Confédération asiatique, forte de ses 47 fédérations membres, ne fasse définitivement basculer le rapport de force.
Avec une majorité potentielle largement supérieure aux 106 voix nécessaires pour faire échouer le projet, les chances d’adoption sont rapidement devenues inexistantes. Cette fronde a également provoqué des remous au sein même de l’administration de la FIFA. Carlos Cordeiro, conseiller principal de Gianni Infantino, a présenté sa démission pour marquer son désaccord avec cette orientation stratégique. Kevin Lamour, considéré comme le numéro trois de l’organisation, s’est lui aussi publiquement désolidarisé de l’initiative. Outre l’aspect économique, ce revers pourrait avoir des conséquences politiques importantes.
De nombreux observateurs estimaient que cette réforme devait renforcer la position d’Infantino avant l’élection présidentielle de 2027. Son abandon constitue désormais un échec majeur pour le dirigeant de la FIFA, qui devra trouver d’autres leviers pour convaincre les fédérations de poursuivre leur confiance lors du prochain scrutin.
Mounir Benkaci