La sélection algérienne masculine de handball a franchi un cap décisif à Kigali. Dos au mur avant son dernier match du tour principal, le Sept national a répondu présent en dominant l’Angola sur le score de 27 à 22, validant ainsi son billet pour les demi-finales de la 27ᵉ édition du Championnat d’Afrique des nations (CAN-2026).
Une victoire construite avec caractère, maîtrise et sang-froid, dans un contexte de forte pression, où les Algériens étaient contraints de s’imposer avec au moins trois buts d’écart pour poursuivre leur aventure continentale. Mission accomplie, avec autorité. Face à une équipe angolaise réputée pour sa puissance physique et son engagement, les coéquipiers du capitaine algérien ont livré l’une de leurs prestations les plus abouties du tournoi.
Dès les premières minutes, le Sept national a imposé un rythme soutenu, combinant agressivité défensive et efficacité offensive. À la pause, l’Algérie menait déjà 14-10, un avantage géré intelligemment au retour des vestiaires. Plus solides dans les duels, plus disciplinés tactiquement, les Verts ont su contenir les tentatives de retour angolaises, avant de creuser définitivement l’écart dans le dernier quart d’heure.
Une victoire de caractère face à un adversaire redoutable
L’homme du match se nomme Amine Abdi. L’arrière droit algérien a livré une prestation de très haut niveau, se montrant décisif dans les moments clés, aussi bien par ses buts que par son leadership, ce qui lui a valu le titre de meilleur joueur de la rencontre. Grâce à ce succès, l’Algérie valide sa présence en demi-finales, confirmant sa capacité à répondre présente lorsque la pression atteint son paroxysme.
Une performance qui redonne confiance à un groupe en reconstruction, mais animé par une ambition claire : renouer avec les sommets du handball africain. Dans l’autre rencontre du groupe 1, l’Égypte devait affronter le Nigeria, tandis que le groupe 2 du tour principal regroupait la Tunisie, la Guinée, le Cap-Vert et le Maroc. Un plateau relevé qui illustre la difficulté du parcours menant au podium continental. Le dernier carré s’annonce explosif. À ce stade de la compétition, aucune équipe n’est là par hasard. Les grandes puissances africaines — Égypte, Tunisie, Cap-Vert ou la Guinée — disposent toutes d’un vécu international et d’un handball moderne, rapide et physique.
Des demi-finales au parfum de finale
Pour l’Algérie, les chances existent bel et bien. Le Sept national a montré plusieurs atouts majeurs : une défense plus compacte, une meilleure gestion du tempo et une montée en puissance progressive depuis le début du tournoi. L’efficacité retrouvée sur la base arrière et la discipline tactique pourraient constituer des armes décisives.
Toutefois, la marge d’erreur est désormais inexistante. Les demi-finales se jouent souvent sur des détails : une exclusion, une perte de balle, un arrêt décisif du gardien. La capacité à rester lucide et à maîtriser la pression sera déterminante. Au-delà de la quête du titre africain, ces demi-finales revêtent un enjeu capital : la qualification pour le Championnat du monde 2027, prévu en Allemagne. Une qualification qui représente bien plus qu’un simple billet sportif : elle symboliserait le retour d’une nation historique du handball africain parmi l’élite internationale. Pour les joueurs, ce Mondial constituerait une vitrine exceptionnelle face aux meilleures sélections de la planète. Pour la Fédération, ce serait la validation du travail engagé ces dernières saisons, axé sur la relance de la discipline et la reconstruction du Sept national. À Kigali, l’Algérie ne joue désormais plus seulement un match. Elle joue son avenir, son image et une grande partie de son renouveau sportif. Les demi-finales représentent une frontière symbolique entre le simple espoir et la consécration.
Porté par une victoire référence face à l’Angola, le Sept national avance avec confiance, mais aussi avec responsabilité. Le rêve allemand est encore à portée de main. Il reste deux marches à gravir, deux combats à livrer, pour écrire une nouvelle page de l’histoire du handball algérien.
Israâ Ben.
