À l’approche des Jeux méditerranéens de Tarente, prévus en Italie, la sélection algérienne de cyclisme affiche des ambitions mesurées, mais bien définies.
Pour cette échéance, la Fédération algérienne de cyclisme (FAC) a retenu huit athlètes, appelés à représenter les couleurs nationales dans les deux épreuves au programme, à savoir la course en ligne et le contre-la-montre.
Le directeur technique national, Réda Khalal, estime que l’objectif doit rester réaliste au regard de la forte concurrence attendue. Le responsable technique mise néanmoins sur une préparation sérieuse et sur la cohésion du groupe pour permettre aux Algériens de tirer leur épingle du jeu.
Pour Réda Khalal, la présence de plusieurs coureurs professionnels issus de grandes nations européennes rend la compétition particulièrement relevée. « Nous devons être raisonnables dans nos objectifs. Les Jeux de Tarente vont enregistrer la présence sur la ligne de départ d’un nombre important de cyclistes. Plusieurs coureurs sont des professionnels qui ont un volume record de courses durant l’année. Je citerai ceux de l’Italie, l’Espagne, la France et la Turquie », a-t-il expliqué. Le DTN fixe ainsi la barre autour d’une place dans le Top 10, tout en insistant sur les difficultés qui attendent les représentants algériens. La course en ligne se disputera notamment avec un effectif réduit, puisque le quota a été ramené à quatre coureurs au lieu de huit.
« Nous devons être raisonnables dans nos objectifs »
Une contrainte qui obligera le quatuor algérien à adopter une stratégie collective et à rester concentré durant l’ensemble de l’épreuve. « Il s’agira de parcourir le circuit à quatre. Et le quatuor devra rester attentif durant toute la course », a-t-il précisé, tout en évoquant les nombreux paramètres susceptibles d’influencer le résultat final, notamment les chutes, les blessures ou encore les circonstances propres à la course. Khalal estime toutefois que l’Algérie peut compenser une partie de son retard grâce au travail effectué durant la préparation. « Quand on court à quatre, il faudra travailler en équipe jusqu’à la fin de la course. En tant que technicien, nous avons veillé à ce que toute la planification soit mise en application, notamment l’engagement de nos cyclistes dans plusieurs courses », a-t-il souligné. Afin de permettre aux coureurs algériens de se rapprocher des exigences du haut niveau, la FAC a également misé sur une collaboration avec l’équipe continentale Madar Pro Cycling. Cette expérience a permis aux sélectionnés de prendre part à davantage de compétitions et d’accumuler un volume de courses indispensable à leur progression. Pour le DTN, cette expérience est essentielle, car la différence entre les coureurs évoluant dans des structures professionnelles et ceux issus de clubs ordinaires réside notamment dans le nombre de courses disputées au cours de la saison. « Le cycliste a un programme d’entraînement chargé. Mais le haut niveau demande aussi des coureurs qui peuvent terminer les courses, tout en résistant à tous les paramètres par rapport au circuit », a-t-il expliqué. La sélection algérienne sera composée de Riahi Anes, Hamza Yacine, Amari Hamza, Assal Mohamed Nadjib, Houili Imene, Mechab Malak, Elmeddah Yasmine et Maldji Imene. Un groupe dans lequel la Fédération a voulu associer jeunesse et expérience.
Tarente, une étape vers Los Angeles
« Nous avons opéré un amalgame entre jeunes et quelques habitués des grandes compétitions. Hamza Madjid sera le cycliste à suivre de près, vu qu’il est actuellement au top de sa forme », a indiqué Khalal.
Les prochains JM représentent également une étape dans la préparation du cycle olympique. La FAC entend profiter de cette compétition pour poursuivre le développement de ses coureurs et les rapprocher progressivement du niveau requis pour espérer décrocher une qualification aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Le système de qualification étant particulièrement exigeant, l’Algérie devra notamment parvenir à placer un coureur dans le Top 40 du classement concerné. « Pour arracher au moins une place pour les Olympiades, il faudra avoir un athlète dans le Top 40, soit de la 20e à la 40e position », a rappelé le DTN. La période décisive débutera en 2027, lorsque les points pris en compte par l’UCI entreront en ligne de compte. Le Championnat d’Afrique, l’Africa Tour ainsi que plusieurs courses organisées en Europe constitueront autant d’opportunités pour engranger des points. « L’année 2027 sera donc décisive dans la course vers le plus grand événement sportif de la planète. D’ici là, nous travaillons pour que chaque compétiteur et compétitrice ait le plus grand nombre de courses », a conclu Réda Khalal. Les places olympiques n’étant pas nominatives, la Fédération conservera enfin la possibilité de choisir les coureurs appelés à représenter l’Algérie en fonction de critères essentiellement sportifs et des performances réalisées au cours du cycle qualificatif.
Mustapha Akkouche