L’aventure de Vladimir Petkovic à la tête de la sélection algérienne a officiellement pris fin. Après plusieurs semaines de spéculations et d’incertitudes, la Fédération algérienne de football (FAF) et le technicien suisse sont parvenus à un accord pour mettre un terme à leur collaboration à l’amiable, refermant ainsi un dossier devenu prioritaire depuis l’élimination des Verts en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026.Selon une source proche du dossier, les deux parties ont trouvé un terrain d’entente au cours des dernières heures afin d’éviter une rupture unilatérale qui aurait pu déboucher sur un contentieux devant les instances de la FIFA. Cette solution négociée permet à la FAF de clore ce chapitre dans un climat apaisé, tout en préparant la nomination d’un nouveau sélectionneur. Le contrat initial de Petkovic avait expiré le 31 juillet dernier. Pourtant, la FAF avait annoncé, le 7 juin, sa prolongation pour deux saisons supplémentaires avec l’ensemble de son staff technique. Cette prolongation ne produira finalement jamais ses effets, puisque la séparation intervient avant même l’entrée en vigueur du nouvel engagement. L’élimination face à la Suisse (2-0) en huitièmes de finale du Mondial 2026 a profondément fragilisé la position de l’ancien sélectionneur de la Suisse. Malgré une qualification historique au deuxième tour, la manière a suscité une vive déception. Les prestations jugées insuffisantes des Verts, l’absence d’une identité de jeu claire et les choix tactiques du sélectionneur ont alimenté une importante contestation populaire, poussant la FAF à réévaluer sa position.
Une séparation négociée et une indemnité de 480 000 euros
Toujours selon la même source, c’est Vladimir Petkovic lui-même qui aurait pris l’initiative d’accepter une résiliation à l’amiable après plusieurs échanges avec les responsables de la FAF. Alors que son retour en Algérie était attendu afin de reprendre officiellement ses fonctions conformément aux clauses de son contrat, le technicien suisse a finalement privilégié une sortie négociée. Cette décision intervient également après les nouvelles orientations prises par la FAF concernant le fonctionnement de la sélection nationale, notamment l’application stricte de la clause imposant au sélectionneur de résider en Algérie pendant trois semaines par mois. Des contraintes qui, ajoutées au climat devenu particulièrement tendu autour de l’équipe nationale, auraient convaincu Petkovic qu’une poursuite de l’aventure n’était plus envisageable. L’accord prévoit le versement d’une indemnité correspondant à trois mois de salaire, soit environ 480 000 euros, ainsi que la régularisation des éventuelles primes restant dues. Les discussions se seraient déroulées dans un climat serein, les deux parties privilégiant une séparation consensuelle afin de préserver leurs intérêts respectifs. La résiliation concerne également les membres du staff technique ayant accompagné le technicien suisse depuis son arrivée, mettant ainsi un terme définitif à un cycle entamé en mars 2024 après le départ de Djamel Belmadi. Sur le plan comptable, le bilan de Vladimir Petkovic reste contrasté. En 33 rencontres, il aura enregistré 23 victoires, 5 matches nuls et 5 défaites. Sous sa direction, l’Algérie a inscrit 76 buts contre 31 encaissés, retrouvant surtout la Coupe du monde après douze années d’absence. Le sélectionneur a également conduit les Verts jusqu’aux quarts de finale de la CAN-2025, une performance qui avait marqué un net progrès après deux éliminations consécutives dès le premier tour. Mais ces résultats n’ont pas suffi à faire oublier la désillusion du Mondial 2026. Les critiques portant sur l’organisation défensive, le manque de constance dans les performances et les choix tactiques ont progressivement érodé la confiance des supporters, des observateurs et d’une partie des dirigeants. La FAF va désormais accélérer le processus de désignation du futur sélectionneur national. Ce choix sera déterminant pour lancer un nouveau cycle et préparer les prochaines échéances continentales et internationales, avec l’objectif de redonner un nouvel élan aux Fennecs et de répondre aux attentes d’un public toujours aussi exigeant.
Mounir Benkaci