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Les scènes survenues lors de la rencontre USM El Harrach – ASM Oran au nouveau stade des Eucalyptus ont une nouvelle fois terni l’image du football national, transformant une affiche sportive en un triste spectacle de chaos.
À la suite du deuxième but oranais, inscrit en seconde période, la tension déjà palpable dans les tribunes a rapidement basculé dans des débordements graves. Une partie des supporters harrachis a exprimé sa colère de manière violente, donnant lieu à des actes de vandalisme dans les gradins du stade.  Les dégradations ont été importantes, avec des sièges arrachés et détruits, tandis que des projectiles et des feux d’artifice ont été lancés en direction de la pelouse.
Face à cette situation, l’arbitre a été contraint d’interrompre temporairement la rencontre afin de permettre l’évacuation des supporters locaux. Après une interruption d’environ vingt minutes, le match a finalement repris dans un climat lourd et sous haute surveillance. Dans ce contexte tendu, l’expulsion du joueur de l’USMH Belhadj, sanctionné pour propos injurieux à l’encontre de l’arbitre, est venue aggraver une soirée déjà explosive. Sur le plan disciplinaire, cet incident s’ajoute à une série de comportements regrettables qui fragilisent davantage un club déjà sous pression sportive et institutionnelle.
Plus grave encore, des affrontements ont éclaté en marge de la rencontre, faisant plusieurs blessés selon des sources locales et entraînant des arrestations. L’intervention rapide des forces de l’ordre a permis d’éviter une escalade encore plus dramatique, dans un stade où la situation a longtemps été hors de contrôle. Ces événements posent une nouvelle fois la question de la sécurité dans les enceintes sportives et de la responsabilité collective. Au-delà du terrain, ces incidents ont des conséquences directes sur la gestion du club.
Dans la foulée de la débâcle et des débordements, la direction de l’USMH a annoncé une démission collective, marquant un tournant brutal dans une saison déjà fragile. Le président du club, Salim Rebbah, a confirmé son départ, illustrant l’ampleur de la crise qui secoue la formation harrachie. Par ailleurs, d’autres tensions ont été signalées lors de la rencontre GCM – RCA, où des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des scènes de confusion dans les vestiaires. Des échanges tendus impliquant des dirigeants et des joueurs auraient failli dégénérer, renforçant l’impression d’un climat général délétère autour des compétitions de Ligue 2.
Mais au-delà des faits, plusieurs questions s’imposent avec insistance : à quand la fin de ces actes de vandalisme dans nos stades ? Qui devra, au final, payer la lourde addition de ces dérives répétées qui ternissent le football national ? Et surtout, que dire à la jeunesse des Eucalyptus, qui attendait avec fierté et espoir l’ouverture de ce stade flambant neuf, considéré comme un véritable bijou sportif, aujourd’hui abîmé par des comportements indignes ? Le contraste est cruel entre l’investissement consenti pour offrir des infrastructures modernes et leur dégradation prématurée.
Ces événements rappellent avec gravité que le football, censé être une fête populaire et un espace d’éducation sociale, ne peut continuer à être pris en otage par la violence et les débordements.

Mustapha Akkouche

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