À moins de quatre mois du Mondial-2026, le sélectionneur national, Vladimir Petkovic a lancé une préparation structurée et réfléchie pour les Verts.
Le technicien bosnien privilégie une montée en puissance graduelle, conscient que le succès d’une Coupe du Monde repose autant sur la forme physique que sur la cohésion et la gestion des blessures. La fenêtre FIFA de mars, qui s’étend du 23 au 31, sera consacrée à deux matches amicaux en Italie : l’Algérie affrontera le Guatemala le 27 mars, puis l’Uruguay le 31. Ces rendez-vous initiaux permettront de relancer progressivement les automatismes après une CAN-2025 particulièrement éprouvante pour les joueurs sur le plan physique. La suite du programme prévoit un troisième test d’importance : le 3 juin à Rotterdam, face aux Pays-Bas, classés dans le top 10 mondial.
Enfin, un quatrième match contre l’Italie est envisagé, sous réserve de la qualification de la Squadra Azzurra par les barrages. Cette montée en intensité progressive illustre la méthode de Petković : exposer les joueurs à des défis croissants tout en évitant les risques liés à une surcharge physique précoce. Toutefois, la préparation ne se limite pas à la programmation des rencontres.
Les blessures, un vrai casse-tête
Le sélectionneur doit composer avec un effectif affecté par plusieurs blessures préoccupantes. Rafik Belghali, latéral polyvalent, demeure incertain après une gêne persistante à l’adducteur qui l’a tenu éloigné des pelouses plusieurs semaines. Joan Hadjam, le latéral gauche de BSC Young Boys, reste également indisponible jusqu’à fin avril suite à une blessure complexe à la cheville, nécessitant rééducation et renforcement musculaire spécifiques.
Le club suisse privilégie un retour complet pour éviter toute rechute, ce qui prive Petković d’un joueur clé dans l’axe défensif gauche. À ces absences s’ajoute celle de Youcef Atal, dont les soucis récurrents aux ligaments du genou inquiètent l’encadrement technique. L’ailier droit algérien a déjà été contraint de limiter sa charge d’entraînement et ne pourra pas être utilisé pleinement tant que sa rééducation n’est pas terminée.
Enfin, Samir Chergui, pilier du milieu défensif, souffre d’une blessure musculaire aux ischio-jambiers, compromettant sa participation aux matches amicaux de mars. L’ampleur de ces blessures oblige Petkovic à adapter ses schémas tactiques, tester des alternatives et ménager certains cadres pour éviter de nouvelles complications avant le Mondial.
Une stratégie graduelle et adaptée
Dans ce contexte, l’ordre des confrontations programmées prend tout son sens. Le Guatemala, 94ᵉ au classement FIFA, servira de mise en route douce, permettant aux joueurs revenant de blessures ou à ceux n’ayant pas enchaîné les matches de retrouver le rythme sans exposition excessive. L’Uruguay, 15ᵉ au classement, représentera ensuite une première véritable évaluation : rigueur tactique, engagement physique et précision technique seront les critères essentiels pour jauger la forme réelle des Verts à trois mois du Mondial.
Le test face aux Pays-Bas début juin constituera un véritable baromètre de compétitivité. Dans un stade plein à Rotterdam, Petkovic pourra mesurer la solidité défensive, l’efficacité des transitions et la capacité de son équipe à absorber la pression, malgré les absences notables. Enfin, l’Italie, si elle se qualifie, offrira un dernier choc tactique et physique, idéal pour ajuster les derniers détails et préparer l’entrée dans la phase finale du tournoi mondial.
Une approche globale et prudente
La philosophie de Petkovic combine exigence physique, planification stratégique et prudence médicale. Les blessures de Belghali, Hadjam, Atal et Chergui rappellent que la gestion des cadres est cruciale : un retour précipité pourrait compromettre la saison et l’objectif mondial.
Le technicien bosnien insiste donc sur la récupération complète, la rééducation spécifique et le suivi personnalisé pour chaque joueur, tout en maintenant un rythme d’entraînement adapté aux absences et aux alternances de joueurs. La dimension psychologique est également au cœur de la préparation.
Les joueurs revenant de blessures longues doivent retrouver confiance et rythme compétitif, un processus qui nécessite patience et accompagnement. Les staff médicaux et techniques collaborent étroitement pour garantir que chaque joueur puisse retrouver ses capacités optimales au moment crucial du sprint final vers le Mondial. En somme, la préparation des Verts se veut progressive et méthodique.
L’enchaînement des matchs contre des adversaires de difficulté croissante, la gestion des blessures et le suivi individuel des joueurs clés comme Belghali, Hadjam, Atal et Chergui constituent la feuille de route de Petkovic. À moins de deux semaines du rassemblement de mars, la stratégie est claire : assurer une montée en puissance durable, protéger les joueurs fragilisés et optimiser les automatismes pour que l’Algérie aborde la Coupe du Monde 2026 dans les meilleures conditions possibles.
Rayane Mahdi
