La Direction de la Protection civile d’Alger a officiellement déposé, samedi, une plainte auprès de la Fédération algérienne de football (FAF), dénonçant des faits d’« agression verbale et physique » visant ses agents lors de la rencontre de Coupe de la Confédération africaine entre le CR Belouizdad et l’AS Otohô d’Oyo, disputée le 15 février 2026.
Dans un courrier adressé au président de l’instance fédérale, la Protection civile évoque « de graves incidents » survenus en fin de rencontre, précisément à la 88e minute de jeu. Selon le document, les agents auraient été appelés à intervenir sur le terrain par le défenseur Chouaib Keddad, dans une démarche jugée contraire aux procédures réglementaires.
La Protection civile rappelle que, conformément aux articles 83 et 87 des règlements de la CAF, l’ordre de pénétrer sur l’aire de jeu doit exclusivement émaner du directeur de la rencontre. Les agents affirment avoir refusé d’obtempérer en l’absence d’une telle autorisation officielle. C’est à partir de ce refus que la situation aurait dégénéré. Selon le courrier, les agents concernés déclarent avoir été la cible d’insultes, de menaces et même de gestes violents émanant de certains joueurs et membres du staff du Chabab.
Le geste de trop pour Keddad et Benguit !
Les noms de Abderraouf Benguit et de Chouaib Keddad sont explicitement cités. La Direction de la Protection civile qualifie ces comportements de « graves » et contraires non seulement aux règlements sportifs, mais également aux valeurs d’éthique et de respect prônées par les compétitions continentales. Elle estime en outre que ces actes portent atteinte à la dignité de l’institution et, plus largement, à l’autorité de l’État. Dans sa plainte, l’institution demande l’ouverture d’une enquête approfondie, l’application de sanctions disciplinaires à l’encontre des joueurs impliqués, des excuses officielles du club ainsi que la mise en place de mesures préventives afin d’éviter toute récidive. Pour l’heure, ni la FAF ni le CR Belouizdad n’ont officiellement réagi à ces accusations. Toutefois, l’affaire a rapidement pris de l’ampleur, notamment après la diffusion massive de vidéos sur les réseaux sociaux montrant une fin de match particulièrement tendue. Au regard de l’attachement affiché par la FAF et son président au respect de la discipline et des symboles de l’autorité publique, il est probable que la commission de discipline soit rapidement saisie afin de faire toute la lumière sur ces événements. L’évolution de ce dossier est désormais attendue avec attention dans le paysage footballistique national.
Le CRB présente ses excuses à la Protection civile
Le Chabab traverse actuellement une période mouvementée, marquée par des incidents disciplinaires et une réorganisation administrative et financière profonde. La direction du club a adressé des excuses officielles à la Protection civile d’Alger suite aux débordements survenus lors du match contre l’AS Otohô, le 15 février dernier, comptant pour la dernière journée de la phase de groupes de la Coupe de la Confédération africaine.
Deux joueurs, Abdel Raouf Benguit et Chouaïb Keddad, ont été pointés du doigt pour des comportements inacceptables envers les agents de la Protection civile, incluant insultes et paroles agressives. Cette initiative vise à apaiser les tensions et à démontrer la responsabilité du club face aux faits signalés à la Fédération algérienne de football et à la Ligue professionnelle. Le club a également pris des mesures concernant Sead Ramovic.
L’entraîneur a été convoqué devant le conseil de discipline après les incidents survenus lors du match contre les Singida Black Stars à Zanzibar, où il avait confronté des supporters ayant envahi le terrain. Cette démarche pourrait également faire partie de négociations liées à la résiliation de son contrat, avec une indemnité équivalente à trois mois de salaire.
Réorganisation administrative et financière
Sous la houlette du nouveau directeur général de la holding Madar, Adil Khman, le club a résilié le bail de son siège historique à Saïd Hamdine, représentant une charge mensuelle de 150 millions de centimes. Les bureaux ont été transférés chez Yecoza Capital, filiale de la holding, où deux étages sont désormais consacrés à l’administration du club. Cette réorganisation s’inscrit dans une politique de rationalisation des dépenses, alors que le club faisait face à des coûts jugés excessifs, avec des investissements limités, notamment sur des projets comme « l’Almasia », qui n’a enregistré aucun progrès depuis son annonce l’été dernier.
Ces décisions témoignent d’un engagement du CR Belouizdad à renforcer la discipline, la transparence et le contrôle interne.
Entre la gestion des incidents disciplinaires, la relation avec les supporters et la réorganisation financière, le club cherche à stabiliser sa structure pour affronter les défis sportifs et administratifs d’une saison exigeante, notamment sur les plans national et continental. La prochaine période sera déterminante pour mesurer l’efficacité de ces réformes et pour consolider une gouvernance structurée, tout en envoyant un message clair aux joueurs, à l’entraîneur et aux supporters sur les comportements attendus.
Réda Hafid
