Un tournant majeur se profile à l’horizon pour l’équipe nationale algérienne de handball. Arrivé à la tête du staff technique avec une mission clairement définie, Salah Bouchekriou s’apprête à tirer sa révérence à l’issue du Championnat d’Afrique 2026, marquant ainsi la fin d’un cycle transitoire confié à un encadrement national.
Dès sa nomination, les contours de son mandat avaient été établis : stabiliser le Sept national, atteindre le dernier carré continental et assurer une qualification pour le Championnat du monde 2027, programmé en Allemagne. Des objectifs qui, selon les responsables techniques, ont été atteints.
C’est au lendemain de la qualification des Verts pour les demi-finales du Championnat d’Afrique — malgré une lourde défaite face à la Tunisie (24-33) à ce stade de la compétition — que la fin de mission de Bouchekriou a été officiellement évoquée. Son adjoint, Redouane Aouachria, l’a d’ailleurs confirmé, estimant que le contrat moral liant le staff national à la Fédération avait été honoré.
La Fédération algérienne de handball (FAHB) ne souhaite donc pas prolonger cette expérience, privilégiant désormais un changement de cap à long terme, avec l’arrivée annoncée d’un entraîneur étranger à la tête de la sélection.
Un profil allemand privilégié
Selon des informations concordantes, la FAHB aurait déjà coché le nom d’un technicien allemand, un profil jugé compatible avec la nouvelle orientation sportive souhaitée. Cette option n’est pas nouvelle : avant même le choix d’un staff local pour le Championnat d’Afrique disputé au Rwanda, un accord de principe avait été trouvé avec un coach allemand. À l’époque, le projet n’avait toutefois pas abouti, faute de validation du ministère des Sports.
Cette fois-ci, le contexte semble plus favorable. Les discussions seraient bien avancées et un consensus se dégagerait autour d’un expert répondant aux exigences techniques et méthodologiques de la fédération. Quelques détails administratifs et contractuels restent à régler avant une officialisation attendue dans les prochaines semaines.
Le futur sélectionneur national devrait s’engager à travers un contrat d’objectifs précis et évolutifs. Sa mission principale consistera à bâtir une équipe compétitive capable d’améliorer sensiblement les prestations algériennes lors du Mondial 2027, après des participations jusque-là en deçà des attentes. À moyen terme, l’ambition est encore plus élevée : atteindre la finale du Championnat d’Afrique 2028, une étape cruciale sur la route de la qualification pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Une transition générationnelle délicate
Au-delà des résultats immédiats, le futur patron de la barre technique aura également pour tâche de structurer le travail de fond, en assurant le suivi, la détection et la formation des jeunes talents. Son implication au sein de la Direction technique nationale (DTN) sera déterminante pour instaurer une véritable politique de développement à long terme.
Sur le plan financier, la FAHB devra consentir un effort conséquent afin de répondre aux exigences salariales d’un entraîneur de haut niveau, consciente que la relance durable de la sélection passe aussi par un encadrement expérimenté et reconnu. Le nouveau sélectionneur héritera toutefois d’un chantier complexe. Plusieurs cadres historiques ont mis un terme à leur carrière internationale, à commencer par le capitaine emblématique Messaoud Berkous.
Pilier du groupe pendant près de deux décennies, l’arrière gauche, réputé pour sa polyvalence et son leadership, laisse un vide considérable tant sur le plan technique qu’humain. Remplacer un joueur de cette envergure, fort de 19 années de loyaux services, ne sera pas une mince affaire. Il faudra dénicher de nouvelles « perles rares », capables d’assumer la relève et de porter les ambitions du handball algérien dans une nouvelle ère. La succession de Bouchekriou ne se résume donc pas à un simple changement d’entraîneur. Elle marque le début d’un nouveau projet sportif, ambitieux, exigeant, et décisif pour l’avenir du Sept national sur la scène africaine et mondiale.
Israâ Ben.
