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Alors que le mercato hivernal anime les coulisses du championnat d’élite, la Ligue de football professionnel (LFP) a décidé de sévir contre plusieurs clubs n’ayant pas respecté les nouvelles règles financières en vigueur.
Conformément aux orientations arrêtées par le bureau fédéral de la FAF, des sanctions pécuniaires ont été appliquées aux formations ayant dépassé le plafond annuel de la masse salariale, fixé à 50 milliards de centimes. D’après une source proche de la Fédération algérienne de football, six clubs de Ligue 1 Mobilis sont directement concernés par cette mesure, davantage dissuasive que répressive. Il s’agit du MC Alger, de la JS Kabylie, du CR Belouizdad, de l’USM Alger, du CS Constantine et du MC Oran.
Sur les seize équipes engagées dans le championnat, ce groupe devra s’acquitter de pénalités financières cumulées. Chaque club incriminé est ainsi tenu de verser une caution de 40 millions de dinars, accompagnée d’une amende de 10 millions de dinars, au profit du compte de la LFP. Une décision qui marque l’application concrète du dispositif de plafonnement instauré à la veille du lancement de la saison 2025-2026. Tout refus de conformité entraînera automatiquement une interdiction de recrutement.
Pour les instances dirigeantes, cette première série de sanctions vise avant tout à instaurer un cadre disciplinaire et à rappeler l’obligation de respecter les nouvelles règles de gouvernance financière.
Dans un environnement où la majorité des clubs restent fortement dépendants des financements publics, la FAF et la LFP souhaitent freiner l’escalade incontrôlée des salaires, considérée depuis plusieurs années comme l’un des principaux déséquilibres du football national.
Au-delà de la simple limitation des dépenses, cette réforme s’inscrit dans une stratégie plus large de restructuration économique. Le plafonnement salarial s’accompagne en effet de l’introduction d’un nouveau contrat type pour les joueurs, reposant sur un modèle de rémunération mixte, largement indexé sur la performance sportive.
Selon ce dispositif, le joueur percevra, à la signature, une avance équivalente à 20% du montant annuel global de son contrat, négocié selon son statut et sa valeur sur le marché. Il bénéficiera ensuite d’un salaire mensuel brut fixe de 300 000 dinars, identique pour l’ensemble des joueurs, qu’ils soient locaux ou étrangers, soumis aux cotisations sociales et versé exclusivement en monnaie nationale sur un compte bancaire domicilié en Algérie.
La part restante, estimée entre 50 et 80 % de la valeur contractuelle, sera versée sous forme de primes de performance, réparties en deux échéances : l’une à la fin de la phase aller, l’autre à l’issue de la saison. Toutefois, le versement intégral de ces primes demeure conditionné à un temps de jeu minimum de 800 minutes sur l’ensemble de l’exercice, soit l’équivalent d’environ neuf rencontres complètes.
En dessous de ce seuil, les montants deviennent progressifs : 50% entre 400 et 799 minutes, puis 25% en dessous. À travers ces mesures, la FAF ambitionne d’encourager une gestion plus rationnelle des effectifs, de limiter les recrutements excessifs et de réorienter les budgets vers des axes jugés prioritaires, notamment les infrastructures et la formation.
À moyen et long terme, l’instance fédérale espère ainsi poser les bases d’un modèle économique plus équilibré, capable d’assurer au football algérien une stabilité durable et une conformité réelle avec les standards du professionnalisme international. Toutefois, l’assouplissement partiel du dispositif — notamment la possibilité de dépasser le plafond sous certaines conditions liées au financement privé — a ouvert la voie à plusieurs dépassements, mettant en évidence les limites actuelles du système et la difficulté de son application stricte.

Sidou Samy

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