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L’affaire du match Algérie–Nigéria est loin d’avoir livré tous ses secrets et pourrait encore connaître de nouveaux développements. L’enquête annoncée par la Confédération africaine de football (CAF) soulève, d’ores et déjà, de nombreuses zones d’ombre.
D’après certaines sources, les noms de Luca Zidane, Aït Nouri, Belghali et Hadj Moussa figureraient dans le rapport établi par l’arbitre sénégalais Issa Sy. Ces mêmes informations évoquent des sanctions lourdes à l’encontre de la Fédération algérienne de football (FAF), avec des suspensions pouvant dépasser quatre matchs pour les joueurs concernés, ainsi qu’une amende financière conséquente. Dans ce contexte, la posture adoptée par la CAF apparaît pour le moins surprenante, voire contradictoire.
Plutôt que de s’interroger sur les insuffisances arbitrales et le comportement des officiels impliqués, l’instance continentale semble opter pour une réponse essentiellement répressive visant la FAF et l’équipe nationale algérienne. Une attitude que de nombreux observateurs considèrent comme un nouvel abus de pouvoir, illustrant une CAF accusée de tolérer les dérives de ses arbitres tout en sanctionnant sévèrement les fédérations victimes de ces manquements.
Cette politique à géométrie variable nourrit un profond sentiment d’injustice et accentue le malaise entourant la gouvernance arbitrale en Afrique. Comment, autrement, expliquer l’attitude jugée indigne du deuxième arbitre assistant, Noha Bangoura ? Pour assurer sa défense, la FAF aurait, selon nos informations, transmis un dossier complet à Pierluigi Collina, président de la Commission des arbitres de la FIFA. Dans un climat déjà électrique, cette affaire relance avec force le débat sur la transparence, la responsabilité des arbitres et l’urgence d’une réforme en profondeur du système disciplinaire et arbitral de la CAF.
Une réforme indispensable pour restaurer la confiance et garantir une équité sportive longtemps réclamée par les acteurs du football africain. Concernant les joueurs algériens cités, il ressort également que la FAF a répondu avec fermeté à la CAF, en accompagnant sa position d’un rapport détaillé, tout en brandissant la menace d’une escalade juridique. La fédération algérienne envisagerait ainsi de saisir les instances de la FIFA, voire le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Dès lors, une série de questions s’impose : jusqu’à quand les fédérations africaines continueront-elles à se soumettre au diktat de Fouzi Lekjaa ? Jusqu’où accepteront-elles le silence et la résignation ? Et jusqu’où ira Lekjaa, ce « dictateur discret » du football africain, bénéficiant du soutien d’un Patrice Motsepe de plus en plus contesté ?


                                                                                         Sidou Samy

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