Le CR Belouizdad est reparti d’Oran avec un point seulement, au terme d’un match nul face au MC Oran (1-1), un résultat qui a le goût de l’inachevé pour les Rouge et Blanc.
Le coach Sead Ramović a exprimé sa frustration concernant les occasions manquées par son équipe. Il a notamment regretté que Belouizdad n’ait pas su conclure plusieurs situations favorables pour prendre l’avantage et décrocher les trois points.
Dominateurs dans le jeu, plus cohérents collectivement et souvent dangereux dans la zone de vérité, les hommes de Sead Ramovic ont payé leur manque de réalisme, un mal récurrent qui freine encore leurs ambitions cette saison. Dès les premières minutes, le Chabab a affiché ses intentions. Bloc bien organisé, circulation de balle fluide et pressing relativement haut : Belouizdad a cherché à imposer son rythme face à un MCO prudent, parfois acculé dans son propre camp. Les occasions ne tardent pas à arriver, notamment sur des transitions rapides et des ballons exploités dans le dos de la défense oranaise.
Cependant, malgré cette bonne entame, le CRB n’a pas su convertir sa domination en avantage au score. Les derniers gestes manquent de précision, les choix dans la surface sont parfois discutables, et le gardien oranais, bien aidé par sa défense, parvient à maintenir son équipe à flot.
Comme souvent dans ce type de rencontre, la sanction est venue sur l’un des rares moments forts du MC Oran. Sans véritablement dominer, les Hamraoua ont su profiter d’un relâchement défensif ou d’un manque de concentration pour se montrer dangereux et trouver le chemin des filets. Un scénario cruel pour Belouizdad, qui semblait avoir le match en main. Ce but encaissé a mis en lumière certaines fragilités du CRB : une défense parfois exposée lorsque le pressing n’est pas parfaitement coordonné, et une difficulté à gérer les temps faibles sans concéder d’occasions franches. À l’image de nombreuses rencontres cette saison, le CR Belouizdad a su réagir. Plus agressif, plus direct dans son jeu, le club de Laâkiba a poussé pour revenir au score, ce qu’il a fini par faire grâce à une phase offensive bien construite.
L’égalisation était logique au vu de la physionomie globale du match. Mais après ce but, Belouizdad a eu l’opportunité de tuer la rencontre. Les occasions se sont multipliées : frappes mal ajustées, têtes non cadrées, centres mal exploités. Le constat est sans appel : le CRB crée, mais ne concrétise pas assez. À l’issue de la rencontre, Sead Ramovic n’a pas caché sa frustration. Le technicien sait que son équipe progresse dans le jeu, dans l’organisation et dans l’intensité, mais le football reste un sport de buts. Et à ce niveau, le CR Belouizdad n’exploite pas suffisamment ses temps forts.
Ce manque d’efficacité offensive pose question : est-ce un problème de confiance chez les attaquants, de complémentarité, ou simplement de lucidité dans les moments décisifs ? La réponse devra être trouvée rapidement, car les points perdus aujourd’hui peuvent peser lourd en fin de saison. Sur le plan comptable, ce nul à Oran n’est pas catastrophique, surtout face à un MCO toujours difficile à manœuvrer à domicile. Mais dans le contexte d’un championnat serré, où chaque faux pas se paie cash, le Chabab avait l’occasion de frapper un grand coup à l’extérieur.
Ce match illustre parfaitement la situation actuelle du club algérois : une équipe solide, bien en place, souvent dominante, mais encore incapable de transformer cette supériorité en victoires régulières. Tant que ce problème persistera, Belouizdad restera dans une zone d’incertitude, entre ambitions élevées et réalité du terrain. Ainsi, le Chabab quitte Oran avec des regrets légitimes. Le contenu est encourageant, mais le résultat ne suit pas. Pour Sead Ramović et son staff, le chantier est clair : travailler l’efficacité et la gestion des moments clés. Sans cela, les Rouge et Blanc risquent de multiplier les matchs frustrants, comme celui vécu face au MC Oran.
Réda Hafid
